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Carnet du Chêne VertL’arbre et la haie du grand Ouest

Rubrique 01 · L’espèce

Le chêne vert : une espèce, une aire, une limite

Quercus ilex est un chêne à feuilles persistantes de la zone méditerranéo-atlantique. Cette rubrique sert à le reconnaître sans hésiter et à savoir où il est chez lui.

Rameau de chêne vert vu de près, feuilles coriaces à revers blanchâtre feutré, deux glands bruns dans leur cupule écailleuse

Le chêne vert est le seul chêne à feuillage persistant que l’on rencontre couramment en France continentale. Cela suffit à l’identifier neuf fois sur dix, mais pas à savoir ce qu’il fait là. Un chêne vert de Vendée et un chêne vert de l’Hérault ne racontent pas la même histoire : le second pousse dans son aire, le premier a été mis en terre par quelqu’un.

Cette rubrique sépare donc deux questions que la plupart des fiches confondent. La première est botanique : à quoi reconnaît-on l’espèce, et comment la distinguer du chêne kermès, du chêne-liège et des chênes caducs. La seconde est géographique : jusqu’où l’arbre est-il indigène, et à partir d’où est-il seulement acclimaté. La réponse à la seconde question conditionne tout le reste du carnet, parce qu’un arbre planté hors de son aire n’a ni la même reprise, ni la même vitesse, ni les mêmes ennemis.

Ce que dit la source de référence

Le Centre régional de la propriété forestière de Bretagne écrit que le chêne vert « n’est pas spontané en Bretagne » et que « son berceau coïncide avec la zone méditerranéo-aquitanienne dont l’aire naturelle remonte jusqu’à l’estuaire de la Loire ». La même fiche ajoute qu’il est « parfaitement acclimaté à la douceur de la zone côtière bretonne qui lui permet localement de se régénérer ».

Cette phrase contient les deux faits qui structurent ce carnet : une limite d’aire, et une capacité de régénération locale au-delà de cette limite. Un arbre qui se ressème là où il n’est pas indigène n’est plus un simple sujet d’ornement, c’est une essence à considérer sérieusement dans une haie, avec les précautions que cela suppose.

01Dans cette rubrique

Reconnaître Quercus ilex à la feuille, à l’écorce et au gland, et situer la ligne au-delà de laquelle il n’est plus spontané.

  1. Large estuaire vu depuis une rive basse, vasières et roselières au premier plan, boisement sombre de chênes verts sur la rive opposée

    Où s’arrête le chêne vert : la ligne de l’estuaire

    Il existe une phrase, dans une fiche technique forestière, qui règle une question que la plupart des sites d’horticulture laissent flotter : jusqu’où le chêne vert est-il chez lui.

  2. Main tenant deux feuilles de chêne vert retournées côte à côte, une face vert sombre luisante et une face inférieure blanchâtre feutrée

    Reconnaître le chêne vert, et ce qu’on confond avec lui

    Un chêne qui garde ses feuilles en janvier est presque toujours un chêne vert. Presque : trois espèces produisent la même impression, et deux d’entre elles n’ont rien à faire dans une haie de l’Ouest.